SCUFmag, le bulletin du SCUF Rugby


Le SCUFmag est le journal du SCUF depuis 1992. Vous trouverez ci-dessous, regroupés par rédacteur en chef, les numéros que nous avons réussi à exhumer des archives. Si vous en avez d’autres, merci de nous en faire part, nous essaierons de les ajouter.

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Les Archives

Laurent Laguerre et Thierry Potier

Ils sont à l’origine du SCUFmag en 1992. Ce sont eux encore qui le reprendront après 3 ans d’arrêt, en gardant leur ton que certains considérent acide.

Lionel Busson, Jean-Marc Hanna et Bruno Nabet

Florent Lazzerini

François Guillermet

Il reprend le flambeau à la saison 2008-2009 sous une nouvelle marque. Ce sera donc l’« Équipe Scufiste ». La numérotation redémarre à zéro mais finira par être décalée pour retrouver la numérotation originelle du SCUFmag.

Julien Schwartz

Il s’en occupera d’avril 2010 jusqu’à la fin de la saison 2010-2011, avec l’aide précieuse de Jean-Michel Constant qui apportera une nouvelle maquette très remarquée.

Vincent Barbe

Il entretient la flamme durant la saison 2011-2012, mais devra arrêter ensuite en prenant la charge d’entraîneur de la réserve

Jean-François Foucard

Entouré de William Monin et Arnaud Le Pape, ils ont encore professionnalisé la production du journal et ont réussi à fédérer autour d’eux une grande communauté de rédacteurs.

Patxi Berhouet

Il accepte de reprendre la lourde responsabilité après le départ de Jeff, avec les remerciements de toute la communauté scufiste.

Et avant le SCUFmag ?

Bandeau S.C.U.F.

1910 – 1945 (extrait du n°119, par F. Lazzerini)

La naissance du Bulletin « Le S.C.U.F »

Franz ReichelIl faut remonter 112 ans en arrière pour voir les premiers numéros du « S.C.U.F. » Le journal est alors une publication Omnisport, et il le restera jusqu’au début des années 90’. La première appellation fut « Le S.C.U.F ». Il naquit en 1910, 15 ans après la création du club, sous l’égide de Frantz REICHEL, alors que notre club en pleine croissance n’allait pas tarder à récolter les premiers fruits de nombreuses années d’efforts.

Que d’évènements passés depuis cette date, que de triomphes, que d’espoirs et aussi que de déceptions depuis ces premiers numéros gonflés de volonté et d’enthousiasme. Le bulletin du SCUF, durant les premières années paru toutes les semaines, puis survint la première Guerre mondiale et comme à chaque période tragique du club des hommes ont relevé leurs manches et ont fait qu’aujourd’hui le SCUF est un club centenaire avec une riche histoire mais surtout un club avec des valeurs. Lorsque le conflit éclate, Charles BRENNUS fait tout pour sauver les fondations du SCUF et de l’USFSA (future FFR), mais c’est le dévoué trésorier Pierre MONTAGU qui se charge de faire vivre les nouvelles du club dans les tranchées. La transmission du journal aux Armées était plus qu’intermittente mais elle réveillait chez tous les exilés le souvenir et l’espoir.

Pierre Montagu reçu la Médaille d’or du SCUF en 1926. Membre du SCUF depuis 1905, il intégra le Comité du club en 1908 où il occupa la fonction de Trésorier Général jusqu’en 1919. Il restera au sein au sein du Comité en tant que membre d’honneur jusqu’à sa mort après la seconde Guerre mondiale.

Après le retour des Poilus, le club se reconstruit et la propagande scufiste redémarrera au travers du journal. Les parutions deviennent mensuelle. Et en Février 1930, le bulletin du SCUF fête son 500ème numéro ! C’est un illustre dirigeant qui est à la baguette : Emile-Georges DRIGNY.

Membre du SCUF depuis 1903, E.G Drigny est un nageur. Il sera tout de même Secrétaire de la Commission de Rugby de 1909 à 1913 ! Son parcours s’inscrit cependant dans les bassins, puisqu’il est le fondateur de la Section de Natation en 1905. Vice-Président du SCUF de 1912 à 1940, puis Président de 1940 à 1957(Ϯ), il est le Capitaine de l’équipe première de Water-polo de 1906 à 1920, sport avec lequel il sera sélectionné pour disputer les Jeux Olympiques d’Anvers. Il est aujourd’hui reconnu sur les bords des bassins comme le père fondateur de la natation française. Une piscine porte son nom dans le 9ème arrondissement.

Le bulletin du SCUF continue ses parutions jusqu’en juin 1935 et atteint le numéro 549 avant de s’arrêter. E-G Drigny devient un dirigeant international au temps restreint et le club s’essouffle à renouveler ses bénévoles et à motiver les Anciens.

Série de GuerreCe n’est qu’en mars 1937 que le Bulletin S.C.U.F redémarre ses parutions sous l’appellation – Nouvelle Série N°1 – avec à la Direction P. JOUTY et Robert YOLANT (Membre du SCUF depuis 1930, au Comité depuis 1934, Trésorier puis Secrétaire Général du SCUF de 1936 à 1939, Médaille d’Or du SCUF en 1942). Le second épisode de la parution des bulletins du SCUF s’arrête en juin 1939 avec le n°26, tout simplement parce qu’il n’y a plus de scufistes, tous parti au front.

La Série de Guerre

Tout comme pendant la période de 1914 à 1918, le S.C.U.F. poursuit son activité et travaille de son mieux pour servir le moral de ceux qui combattent tout en améliorant physiquement les jeunes afin de les préparer sportivement et de les aguerrir à la dure tâche qui, peut être, les attend. C’est René GIROD qui coordonne le Comité de Guerre. Le 16 octobre 1939, épaulé par une dizaine d’anciens et femmes de joueurs, le Comité imprime tant bien que mal son Bulletin intitulé – Série de Guerre n°1 . La feuille de papier, tapé à la machine à écrire, est le lien de tous les scufistes, le relais indispensable entre les jeunes sportifs, les blessés, les prisonniers, les soldats sur le front… Il faudra attendre Décembre 1942 pour que le journal puisse à nouveau être imprimé (SG n°29) tous les trimestres.

Le Bulletin de la série de guerre n°34 – mars 1944 – marque la triste disparition de Charles BRENNUS. E.G DRIGNY écrira en réponse aux condoléances : « Nous sommes d’autant plus sensibles à l’hommage officiel que vous rendez à celui qui vient de disparaître que l’action toute de dévouement, de loyauté et de parfait désintéressement poursuivie pendant près de quarante ans par Charles Brennus, au profit du sport français, n’avait malheureusement pas provoqué au cours des dernières années la reconnaissance à laquelle ce dernier avait droit. Fidèle au culte du souvenir qui l’anime, le S.C.U.F., qu’il présida pendant quarante huit ans, s’efforcera de son mieux de perpétuer la mémoire de ce sincère et ardent pionnier du sport français. » On connaît la suite…

bulletin de la libérationLa Série de Guerre ira jusqu’au n°36 – Mars 1945. Dans l’édition précédente d’octobre 1944, le bulletin titre : « Enfin libres » – « Après 50 longs mois d’occupation et d’asservissement, Paris a connu, le 25 août dernier, la joie d’assister au départ de ceux qui, depuis 1940, nous obsédaient et nous opprimaient par leur domination et par leur présence.»

En juin 1945, le club publie un Numéro Spécial intitulé Bulletin Officiel du Sporting Club Universitaire de France et du Sporting Club Féminin. On y présente le programme de la 43ème fête internationale de Natation. Les rotatives sont lancées, le bulletin du SCUF peut à nouveau écrire son histoire en noir et blanc.

1945 – 1955 (extrait du n°120, par F. Lazzerini)

Cinquantenaire du SCUF

Georges BruniEn octobre 1945, le SCUF publie son n°616 et prépare son cinquantenaire. En revanche, en haut à gauche de la première page, le Bulletin fait apparaître la 35ème année d’existence. En effet, le journal du club fait référence à son ancienneté qui remonte à 1910. Le SCUF redémarre ses activités en pansant ses plaies, en rendant hommage aux disparus et en saluant le retour des prisonniers. Lors du mois de novembre 1945, le SCUF enchaîne les bals, dîners et match de gala pour célébrer son cinquantenaire. A la direction du journal, on trouve Georges BRUNI (Président du SCUF Rugby de 1923 à 1938, puis de 1943 à 1951 avant de prendre la présidence du SCUF Omnisport de 1957 à 1961).

Arrivé au club en 1908 (venant de Lakanal), Georges BRUNI devient membre du comité du SCUF en 1911. Equipier modèle, il s’illustre essentiellement avec les équipes « Réserves » du club avec lesquelles il joue deux finales avant la 1ère GM. En 1920 et 1921 il occupe le poste de Secrétaire Général de l’Omnisport. A 34 ans, en 1921 il est nommé Capitaine de l’Equipe 2 et transmet avec passion son expérience. En 1923 il devient Président de la Section de Rugby à laquelle il donne un réel coup de fouet, ainsi qu’une âme dont les effets durent encore aujourd’hui. Son attachement au club et à ses valeurs sont soulignés en 1923 lorsqu’il reçoit des mains de Frantz REICHEL la médaille d’Or du SCUF. Il déclare alors « Pour un dirigeant, la fidélité, la confiance, l’esprit de discipline ne suffisent pas. Qui dit dirigeant, dit prendre ses responsabilités, consacrer beaucoup de temps et de peine à la marche du club, être prêt à tout faire pour la collectivité dont les destinées vous sont confiées, plus que l’on ne ferait pour satisfaire ses ambitions ou ses intérêts personnels. D’ambition ? Je n’en ai jamais eu d’autre que celle de voir le SCUF prospérer. D’intérêts personnels ? Je ne sais pas ce que cela veut dire, comme intérêt je ne connais que ceux du SCUF.  »

La reconstruction de club se fait lentement et les parutions du journal en pâtissent. Les finances du club sont restreintes et le club ne sort qu’environ 2 numéros par an. Dans chaque numéro, un carnet est réservé à l’Amicale des Anciens Scufistes et Supporters (A.A.S.S), un groupement d’ancien qui permettent financièrement au club de tenir la tête hors de l’eau. C’est déjà à cette époque que la section rugby se démarque. Dans le n°627 de mars 1950, il est dit que « cette section est animée depuis 55 ans par de vieux Scufistes qui ont gardé la foi, l’amour de leurs couleurs et savent les communiquer aux jeunes. Le Rugby n’a jamais manqué de dirigeants qui, après avoir pratiqué et ayant toujours aimé leur sport, se sont voués par la suite et transformés en éducateurs et constituent par leurs efforts et leur contribution, cette A.A.S.S. qui assure puissamment notre existence. Le passé et le présent sont ainsi amalgamés dans le même creuset et c’est le secret de notre réussite. »

Nouvelle formule du bulletin du SCUFLa série des Bulletins du SCUF sous la forme d’un papier journal format A3 plié en deux, format adopté depuis l’origine, s’arrête en juin 1951 avec le n°632.

Nouveau format du Bulletin et collection de couverture

En septembre 1951, une révolution éditoriale s’abat sur le club. Dans ce N°1 de la Nouvelle Série (Série Générale 633), un nouveau format, type fanzine, est adopté sous la forme d’une page A4 pliée en deux, avec une couverture cartonnée et colorée sur lequel le blason du SCUF apparaît entouré d’un liseré qui change de couleur chaque mois. Le bulletin est toujours omnisport et compte une quinzaine de pages

La révolution apportée par cette nouvelle série ne se limite pas à l’esthétique. Le projet d’acquisition du complexe de la Piscine Chazelles est dévoilé au grand jour, et le Docteur Jean MARTIN (Président du SCUF Rugby de 1951 à 1967 – Président du SCUF Omnisports de 1967 à 1983) prend les rennes de la rédaction du journal.

Le Dr Martin (1905 – 1984) adhère au SCUF en 1923 et pratique la natation et le rugby. Il fait partie de la première Ecole de rugby du SCUF dirigée par l’international scufiste André Theuriet. Son activité est intense car non seulement il est un équipier premier et en même temps il poursuit ses études de médecine, internat et chirurgien renommé. Il ne s’arrête pas là, puisqu’il dirigera le Rugby et le Club, une présidence de 30 ans, tout en devenant le
Président de la Commission Médicale de la FFR et le médecin du XV de France. Pour les internationaux et les Scufistes, il est « le Toubib ».

Couverture BordeauSi le premier Bulletin se présente comme un mensuel, dès la seconde édition il est publié tous les deux mois. Le rythme sera tenu jusqu’au n°638 d’octobre 1952. Après cela les délais s’allongent et pour une fois ce n’est pas à cause des soucis financiers, sportifs ou d’encadrement… A cette période le SCUF est serein avec des effectifs riches dans toutes les sections et surtout le club se retrousse quotidiennement les manches pour faire aboutir le complexe de la rue de Chazelles. Toute l’énergie des dirigeants et bénévoles du club sont investis dans le projet du nouveau siège. Aussi les parutions continuent à être aléatoires. En 1953, seuls trois numéros sortent, mais avec une nouvelle page de couverture. Adieu la sobriété du logo, on garde la même dimension et on reprend le format du titre « LE S.C.U.F. » des premières éditions, et tout cela saupoudré de couleur rouge bordeaux.

Moins de 10 ans après la guerre le SCUF goûte également au plaisir de la reconstruction du pays. Et cela se voit également dans le bulletin du club qui change à nouveau de couverture en 1954. L’ensemble de la page de couverture est colorée et le logo du SCUF est porté par deux colosses dont l’inspiration se confond entre la Grèce antique et l’art prolétarien soviétique… La parution du Bulletin reste cependant secondaire et seuls deux numéros paraissent en 1954.

Il faut attendre plus d’un an pour lire un nouveau Bulletin, le n°644 en mai 1955. C’est la dernière parution du journal dans sa version petit format rigide. L’équipe du Dr Martin ne néglige pas l’information, mais les projets au jour le jour et l’accroissement des licenciés amènent régulièrement à repousser les diffusions.

Le déclin des parutions scufistes est en marche. Le club s’efforcera tout de même de maintenir une publication-bilan tous les ans. Mais fort heureusement sur le terrain le bilan est réjouissant. Le nouveau siège de la Piscine Chazelles est inauguré, et la section rugby redémarre ses relations avec un club d’outre-manche : Stratford Upon Avon Rugby Football Club. Mais ça, c’est une autre histoire…

SCUF

1955-1970 (extrait du n°123, par F. Lazzerini)

En septembre 1956, soit quinze mois depuis la dernière parution, le n°645 renoue avec le format du passé.

Il est indéniable que la formule 1951-1955, petit livre cartonné en couleur, constituait un outil de propagande incomparable. Mais son tirage restreint limitait les retombées publicitaires, et les frais d’impression ainsi que l’affranchissement plombaient les caisses déjà vides.

Plus que jamais à la baguette du SCUF et à la rédaction du Bulletin Officiel du Sporting Club Universitaire de France, le Dr Jean Martin décide de revenir à la formule moins onéreuse du modèle utilisée de 1910 à 1951, à savoir un format A3 plié en deux. Il est à noter que l’ouverture féministe du club est terminée, le Sporting Club Féminin disparait.

Les rédacteurs ont beau s’être engagé à publier quatre numéros par an, force est de constater que le changement de format ne fait pas tout et que les problèmes de parution demeurent. Le n°646 d’avril 1957 est surtout publié pour informer de l’élection de Georges BRUNI comme le VIIème Président
du S.C.U.F, mais aucune information sportive ne figure en complément.

La fin ?

Dr Jean MartinTrois ans s’écoulent avant la parution d’une nouvelle page. On a mis de côté les fastueuses couvertures, et le numéro d’avril 1960 est juste un ensemble de pages A4 tapées à la machine pour informer les anciens que le club n’est pas mort…, digne des bulletins de guerre de 1940… Le SCUF se traîne, se bat avec son budget, pour collecter les cotisations, pour renouveler ses bénévoles… Et le Bulletin du club est à son image, c’est toujours les mêmes qui s’y collent, mais ceux là sont des piliers indéboulonnables abattant le travail d’une armée. Il y a comme toujours des bénévoles fidèles ayant épousé la cause d’un club qui échappe certainement à beaucoup. Mais qu’importe, grâce à eux, le SCUF et ses valeurs sont toujours les mêmes 50 ans plus tard.

Il faut apprécier le travail du Dr Jean Martin durant les trente années suivant le second conflit mondial. Digne successeur des journalistes Reichel, Drigny et Bruni, il a compris l’importance de l’information pour continuer d’exister. Le Bulletin du SCUF qu’il rédige certainement entièrement à de nombreuses reprises permet de maintenir un intérêt commun pour différentes générations de scufistes.

Le Bandeau bleuLes pages stéréotypées continuent pendant deux saisons, à raison de 2 numéros par an. Alors même si le visuel laisse à désirer, il faut noter qu’il y a presque une dizaine d’année qu’il n’y avait pas eu de parution régulière. Au mois de mai 1962, le n°651 paraît sous son ancien aspect grand format imprimé, mais le coût de publication n’est plus à la portée du club qui préfère investir dans ses infrastructures (Chazelle) et ses sections sportives. Les parutions suivantes sont régulières. Elles reprennent le format A4 stéréotypé. Seule la première page se distingue avec un entête de couleur bleu pétrole qui reprend le logo antique « Le S.C.U.F. ». Ce format connaît une parution régulière jusqu’à fin 1964.

Première parution d’un Bulletin propre au rugby en 1963

Entre temps, le rugby avait sa révolution journalistique. Avec l’accord du Dr Martin, un groupe, poussé par Jean Hospital, prit la plume. Les premiers écrits furent ceux de François Grimaldi et … du Dr Martin. Le premier numéro tapé à la machine et photocopié parut en septembre 1963. Il se voulait mensuel, mais peu d’autres suivirent.

Est-ce que le Dr Martin a cru que le relais avait été effectué et qu’il pouvait ranger sa machine à écrire ? Car du côté du Bulletin omnisports du
SCUF, il faut à nouveau attendre trois longues années avant que le n°658 d’octobre 1967 paraisse. Le déclin des publications commence. Il y aura encore un Bulletin par an, mais en novembre 1970, alors que le SCUF fête son anniversaire, le dernier 75ème numéro est publié. Le journal s’éteint au numéro 661.