Albert MAYAUD


Albert, Paul, Mayaud est né le 31 mars 1899 à Paris VIII. Il plonge rapidement dans les bassins du S.C.U.F qui se situent au stade nautique de Juvisy (1911), à la Piscine A.C.F (1912), au Château Landon (1913) et à Oberkampf en 1914. En effet au début du XXème siècle notre club parisien a déjà des valeurs omnisports et la natation a déjà fournit des internationaux comme André Theuriet (1908), Paul Vasseur (1909-1912), Henri Decoin (1908-1911), J. Roldes (1912)… Albert Mayaud deviendra nageur international français en 1919.

Dès 1916, Albert Mayaud s’impose comme le spécialiste du 100m nage libre, du 400m nage libre et du 1500m nage libre au sein du club. Il le restera jusqu’en 1920. En effet, à cette période, Mayaud évolue aussi avec l’équipe de rugby des nageurs, mais c’est surtout son attrait pour le Water-Polo qui le fera s’éloigner du S.C.U.F. Venu à La Libellule de Paris pour sa préférence du Water Polo il sera qualifié pour les Jeux Olympiques d’Anvers en 1920 en tant que nageur. Un échec, car la France est éliminé 5-1 par le Brésil en 8ème de finale. Lors de ces Jeux de 1920, il est aussi éliminé au premier tour de l’épreuve de relais 4×200 m nage libre.

Mais son amour du Water Polo lui portera chance car après son titre de Champion de France avec La Libellule de Paris en 1924 il ne sera pas appelé par le Sélectionneur de l’équipe de France : Paul Beulque, pour participer aux JO de Paris en 1924. Mais pendant l’entraînement lors de la préparation de l’équipe de France un joueur issue de Tourcoing se perce le tympan droit en recevant une balle alors qu’il n’avait pas encore enfilé son bonnet de protection !!! C’est alors que l’on fait appel à Albert Mayaud pour le remplacer et fin heureuse puisqu’il sera Champion Olympique avec le capitaine de son club Georges Rigal. La France bat la Belgique 3 à 0 à la piscine des Tourelles.

Albert Mayaud reste toujours proche de son club de coeur. Il connaît les frères Jean et Loulou Martin depuis ses débuts, en effet ces derniers étaient des nageurs très attiré par le rugby. Contrairement au destin tout tracé qui aurait pu les destiner à trouver une place au sein de la section natation que gère E.G Drigny, c’est du côté du ballon ovale que ces illustres personnages vont transmettre leurs passions et leurs expériences.

En 1927, il épouse Marcelle, Odette, Monard, une nageuse, spécialiste de la brasse. Elle participera au J.O de Paris de 1924 au 200m brasse. Elle le suivra dans sa passion scufiste. Il revient au S.C.U.F lors de la saison 1928/29 pour diriger l’équipe de Water-Polo, il en sera le capitaine jusqu’en 1931. En 1929 et 1930, avec Loulou Martin, il remporte le championnat de Paris et reçoit à ce titre la cape du S.C.U.F. Dès 1930, il remonte et s’occupe de l’Ecole des Minimes du S.C.U.F. Cette section est constituée par de tout jeunes scufistes de 8 à 14 ans qui suivent un cours de culture athlétique.

Il est également distingué comme Membre d’Honneur du S.C.U.F, le 21ème au niveau de l’Omnisport. Sont promus comme Membres d’Honneur les scufistes de part leurs hauts faits sportifs qu’ils ont mis à leurs actifs. Mayaud est promu au titre de la natation et du water-polo.

Durant les périodes estivales, il gère un club nautique au Touquet. On apprendra que c’est lui qui a apprit à nager à Edith Piaf !

En mars 1942, Mayaud rejoint le réseau de résistance Confrérie Notre-Dame (CND-Castille) sous le pseudo « Jacky ». Il oeuvrera comme agent de liaison.

Après la guerre, on le retrouve du côté des Juniors du S.C.U.F. Il est multi-tâche : dirigeant, entraîneur, kiné… Comme nous a raconté Daniel Bozza, c’est un vrai père pour tous les jeunes qu’il encadre. Passiant, passionné, généreux, bon-vivant, il dégage de la sérenité. Il disait souvent au repas d’avant match avec ses juniors « c’est copieux, mais c’est pas cher…« . Entre temps, il est devenu kiné professionnellement. Il s’adapte aux blessures de chacun, n’hésitant pas à se déplacer au domicile des uns ou des autres avec ses appareils électriques.

Les résultats sont au rendez-vous, les Juniors sont vainqueur du Challenge Menut en 1949. Les entraînements se font à la Porte d’Ivry ou à la Tour Eiffel. Le jeudi, Albert Mayaud participe aux entrainements omnisports, les jeunes viennent tester toutes les disciplines : l’atlhlétisme, la natation, le rugby. C’est ainsi que les frères Lambert, venus d’abord à la natation, deviendront des rugbymens.

L’encadrement réussi des prouesses en cette saison 1952/53 avec les Juniors B du S.C.U.F. La catégorie Juniors B regroupe les joueurs de 18 à 20ans. Les jeunes pousses scufistes remportent le titre de Champion d’Ile-de-France devant le Racing CF, le PUC et le CASG. La Finale IdF se déroule au stade Pershing, le SCUF se défait difficillement du CASG 3 à 0.

Qualifiés pour le championnat de France, ils battent Châlon sur Saone 42 à 0 en huitième de finale, puis Rouen en quart de finale (42-00). En demi finale, à Vittel, ils l’emportent sur Brive 12 à 03. Le pack des avants domine son homologue et laisse tout le loisir aux trois-quarts d’exprimer leur fougue. Gerard Nebut clôt la partie d’un essai en coin.

La Finale, le 3 mai 1953, se déroule à Brive. Arbitré par M. Vigneau, le SCUF y affronte l’USA Perpignan.

Le SCUF domine les dix premières minutes. Un essai est refusé aux N&B et Hiron râte une pénalité. Mais la supériorité du pack Perpignanais reprend le dessus et les scufistes perdent leur rugby. C’est alors une avalanche d’essais que subit les noir&blanc, mais ces derniers eurent l’immense mérite de ne jamais fermer le jeu et furent récompensés dans la dernière minute par un essai de Gaudemen, transformé par André Hiron, suite à un beau mouvement d’ensemble. Le SCUF était pourtant maître en touches et en mêlées, le malheur voulut que son opposant étalat une maturité nettement supérieure. Sans surprise, le XV de Perpignan, telle une sélection Catalane, l’emporta 44 à 5

Dans son édito de novembre 1953, le Docteur MARTIN, rédigera : « Il n’en reste pas moins certain que nous ne pourrons jamais opposer, dans les phases finales du Championnat, que les produits de notre cru, aux véritables sélections régionales que constituent trop souvent nos adversaires. La lutte deviendra alors, comme hier, inégale.« 

Sur les 15 Juniors du SCUF, 14 étaient issus de l’école de rugby que dirigeaient Jo SANTENAC et Loulou MARTIN. Albert MAYAUD dira « Ayant vu ces jeunes pousses arriver en finale du championnat de France de Juniors B, le SCUF est comblé et ne pouvait espérer d’avantage.« 

Quant aux joueurs, ils s’appellaient : Bondeux, Jacob, Bonnel, Maillet, Guerri, Robert, Ensminger, Auvinet, Ollier, Daniel Bozza, Benoist, Hiron, Cottin, Freyret, Gaudemen, Nebut, Leguen. La plupart de ces garçons viendront renforcer le groupe des Seniors, comme l’arrière Daniel Bozza qui fera ses débuts à l’arrière à 18ans à Nevers.

Albert Mayaud participe activement au projet du siège à la Piscine Chazelles. Il fait parti des souscripteurs qui permettront de voir aboutir cet espace qui deviendra un lieu indispensable aux générations suivantes, un lieu idéal pour le recrutement de nouveaux équipiers.

Il se détache par la suite du terrain à la fin des années 50′ pour intégrer le conseil d’administration du S.C.U.F en tant que Vice-Président. En 1961, il reçoit la distinction suprême au sein du club, la médaille d’or du S.C.U.F (le Dr Jean Martin l’avait reçu en 1950 et Loulou Martin en 1955). Il suit ses jeunes pousses qui jouent désormais avec l’Equipe 1 du Sporting. On le croise régulièrement le dimanche au bord des pelouses où évolue les noir&blanc.

Il décède le 14 août 1987 à Paris XII.