F.G GIROUX


Giroux François-Guillaume, le prototype du parfait scufiste issue de la formation noir&blanc et qui fait sa place en équipe première depuis maintenant sept saisons…

.

Né à Paris (14ème) le 11/10/1992

1m86, 83kg

Arrière, centre, ailier, demi d’ouverture parfois…

En couple depuis 3 ans, en ménage depuis 1 an…

.

.

Comment es-tu tombé dans le rugby ?

J’avais un ami au collège qui jouait au Stade français, et il ramenait un ballon de temps en temps ; j’étais fasciné par la façon dont il faisait vriller la balle, je voulais absolument qu’il m’apprenne à reproduire ce geste. C’est ça qui a été le premier déclencheur. J’ai toujours été un mordu de sport, j’ai commencé en faisant un peu de foot dans ma prime jeunesse, j’ai ensuite fait 10 ans de judo, j’ai fait 10 ans de tennis, beaucoup de ski… Mais il me fallait quelque chose de plus intense au niveau de l’effort, un sport de combat et c’est pour ça que je suis tombé amoureux de ce sport.

Tu arrives au SCUF en 2007 en première année cadet, comment ou par qui es-tu venu frapper à la porte du club ?

Le deuxième déclencheur qui m’a fait venir au SCUF a en fait été mon frère, Léo Chenivesse. C’est lui, qui le premier a voulu s’inscrire au rugby et pendant que mon beau père tapait à la porte du PUC, les dirigeants nous ont adressé au SCUF. On s’est donc inscrit tous les trois, moi en cadet, Léo en minimes, et Enzo en U8 j’imagine. Le rugby est donc instantanément devenu le sport familial, ma mère est devenue une véritable supportrice de Toulon, et subitement, les discussions familiales tournaient en continue autour du rugby. Si Léo joue d’ailleurs au PUC en ce moment, il a fait quelques matches la saison dernière avec nous, et Enzo est encore en juniors, même si j’ai déjà eu la chance de jouer avec lui cette année. Quoi qu’il en soit, un de mes plus vieux rêves est de pouvoir jouer avec mes deux frères en même temps un jour, j’espère que ce sera pour le SCUF évidemment.

Raconte nous un peu tes années Cadets et Juniors. Qui étaient tes entraîneurs, les joueurs qui ont compté, les parcours réalisés ?

Les années cadets et juniors étaient en fait très contrastées. C’est comme pour le tournoi des VI nations, il y avait les années impaires, et les années paires. Les années en compagnie de la génération 91 ont vraiment été dures.  Pour ma première année cadets, j’étais demi de mêlée remplaçant en équipe B alors que je ne savais pas faire une passe correcte (certains diront que c’est toujours le cas et ils auront sûrement raison), je me rappelle juste avoir fait une belle valise sur ma première rentrée, parce que bon, quand tu sais pas faire une passe, t’es du coup vachement plus à l’affût des moments où il faut porter ! En tout cas je détestais jouer à la mêlée, et de cette année je ne garde que très peu de souvenirs. Je me souviens de quelques expressions de notre entraineur Jeff qui nous invitait souvent à faire « un galop d’équipe à vide » , mais surtout d’une fameuse triangulaire où l’on perd contre Bagnolet et contre Massy en jouant les deux premiers match (on savait ne pas perdre de temps) et où, du coup, pendant que le dernier match se jouait on était ressorti des vestiaires pour un tour d’honneur autour de la pelouse à poil. Gérard Potier, en grand photographe qu’il est, n’a pas manqué d’immortaliser la fragile beauté de ces corps dénudés mais fiers… J’ai le souvenir de commencer vraiment le rugby en deuxième année cadet, avec la génération 93. De nouveaux entraineurs étaient arrivés dont un certain Sébastien Chouraqui, et j’en avais profité pour me replacer spontanément à l’arrière. L’année impaire en juniors était là encore un peu un long calvaire, on était en moyenne 10 à l’entrainement, et on faisait principalement des passes dans l’en but… En revanche ma deuxième année juniors, là encore avec les 93, a été ma plus belle année de rugby : on était en Balandrade (je sais pas si ce mot est fait exprès), on fait une très belle saison jusqu’au championnat de France et on avait aussi organisé un super voyage en Angleterre comme un mini Stradford. On était entrainé par Jérôme Barreau, un entraineur formidable (et oui ça arrive que je trouve des entraineurs formidables !) qui entraîne aujourd’hui à Ris Orangis je crois, et on avait un groupe incroyable et très soudé, autour de joueurs qui ont tous très rapidement intégré la première ensuite en seniors (Antoine Simon, Paul Facomprez, Matthieu Ruiz, Edouard Deleau, Gaspard Fournié).

En fin de saison 2010/11, tu découvres le groupe Senior via le Trophée des 30. Tu joues avec les « jeunes » sous le capitanat de Thibaut Roueff. L’issue du match consacre les « vieux » qui l’emportent 32 – 17. Souvenir de cette intégration ?

Je me souviens avoir traversé le terrain deux fois mais avoir raté ma passe pour l’ailier à la fin. Je me rappelle avoir eu beaucoup d’excitation pour ce match, j’avais hâte de me frotter aux seniors et de montrer que je pouvais avoir ma place. Tout le monde avait été adorable avec moi et j’en garde un excellent souvenir aussi grâce à Thibault Roueff et à mes partenaires qui ont tout fait pour que je me sente au mieux.

Pour ta première saison en senior, on peut aisément dire que tu es la meilleure intégration de ces quinze dernières années. Tes statistiques sont limpides ; 13 matchs joués, 13 fois titulaires, temps moyen sur le terrain de 75min, meilleur marqueur avec 76 points… N’en rajoutez plus ! Le SCUF se maintient en Honneur en finissant 4ème de sa poule de 8 clubs. Souvenir de cette première saison ?

J’étais très fier de pouvoir jouer en première et d’enchaîner les titularisations. Mais pour être parfaitement honnête, je ne pense pas que la confiance du coach qui m’était témoignée par là, était forcément partagée par le groupe. Je me souviens d’avoir fait des matchs assez insipides en début d’année, et je pense que beaucoup ont trouvé que je bénéficiais un peu d’un statut trop peu mérité. Ils avaient sûrement raison, et c’est vrai que je n’ai jamais réussi à peser dans les matchs comme je le souhaitais. J’avais donc finalement une grosse pression sur les épaules et j’étais un peu esseulé. Je rentrais dans un groupe qui avait vécu une montée en fed 3, qui était très soudé, et un peu vieillissant, et j’étais le seul jeune de l’équipe avec Hadrien Potier.  Je ne garde pas que des bons souvenirs du coup de cette saison où mes relations un peu tumultueuses avec les coachs avaient, je pense, fini de me donner l’image du jeune petit con. L’intégration dans le groupe a été ce qui m’a le plus manqué rétrospectivement surtout en comparaison de l’année formidable avec les juniors la saison d’avant.

On te connait avec une certaine efficacité au pied. C’est un don naturel pour toi ou tu passes du temps à travailler ? Et au niveau de ton poste, où apprécies-tu le plus d’évoluer ?

Je ne pense pas qu’il puisse exister de la performance sans travail. Sans aller jusqu’à qualifier mes aptitudes au pied de performantes, j’ai passé énormément de temps à essayer de m’entrainer. Je ne donne peut-être pas cette impression, mais je suis un acharné de travail et assez persévérant. J’étais le buteur de l’équipe et je voulais absolument être excellent dans ce rôle. Du coup je sortais de ma prépa à 17h30 les jours d’entraînement, j’arrivais au stade à 18h pendant l’entrainement des cadets, et Arnaud Martin, (j’en profite pour le remercier de toute la confiance qu’il m’a accordée depuis mon arrivée en senior), qui entrainait les cadets, me prêtait des ballons pour que je puisse buter pendant les deux heures. J’ai toujours trouvé dommage que l’on ne puisse pas travailler ce geste si important à la fin ou après les entrainements parce que le niveau de relâchement qui est crucial, n’est pas le même quand on est tout frais que quand on a beaucoup couru avant. Mais ça fait parti du sport amateur que de devoir composer avec des stadiers à la gachette rapide à 22h pour éteindre les lumières.

Au niveau des postes que je joue, si j’ai joué la plupart du temps à l’arrière, j’ai pu découvrir d’autres postes l’année dernière et cette année. Le poste d’ailier est un poste très intéressant et assez peu travaillé alors que je pense qu’il y a justement une grosse marge de progression de ce côté-là. C’est du coup aussi un poste assez ingrat, et dans les périodes où l’équipe ne gagne pas beaucoup, c’est parfois très frustrant de ne pas pouvoir plus s’impliquer. Ca faisait quelques années que je voulais essayer de jouer au centre parce que j’avais vu que mon jeu avait évolué dans ce sens là alors que je jouais surtout arrière ou ailier. Si FX ne m’a pas essayé à ce poste, Arnaud Péhau l’a, lui, fait assez rapidement dans la saison. Si à l’époque c’était surtout pour essayer de faire une équipe en composant avec les absents, je pense qu’aujourd’hui je suis vraiment rentré dans la concurrence avec Jacques et Remi. Je l’en remercie parce que même si on a connu beaucoup de match compliqué, je trouve ce poste particulièrement sympa, et c’est je pense là où je suis le plus utile. J’ai encore peu d’expérience et beaucoup à apprendre et à découvrir mais avoir la chance de me rapprocher du cœur du jeu est vraiment agréable. Je peux aussi peser davantage sur les choix de jeu et le placement de mes partenaires et c’est, je pense, un atout que je possède. 

– Mai 2012, c’est aussi ta première Rose Cup gagnée sur un score sans appel de 69-17. Tu avais été préparé à ce match et à tous ses à côtés ? La saison suivante tu fais le déplacement à Stratford avec une honnête défaite 20-10.

J’avais en fait rapidement compris que c’était un évènement crucial pour le club. J’avais eu la chance d’être titularisé par le président Lionel Busson et c’était vraiment quelque chose d’incroyable à vivre. Le déplacement à Stradford l’année suivante était sûrement le meilleur match de rugby que j’ai joué. J’ai été frappé comme tous pour la beauté du stade, de ses vestiaires, de l’ambiance qu’il y avait dans les tribunes, et du niveau de jeu de nos adversaires ainsi que le nôtre. Ca avait été incroyable et j’ai hâte de pouvoir revivre ça. C’est aussi l’une des plus belles soirées que j’ai faites ensuite avec des ananas, des joueurs qui étaient passé derrière le comptoir du mac do et qui distribuait des sandwichs en mode Robin des Bois, et d’autres détails moins dicibles…

En 2013/14, après une titularisation et un match comme remplaçant tu disparais pour le reste de la saison de l’Equipe 1. Et on te retrouve avec la Réserve où tu joueras une finale IdF perdue contre Goussainville (03-07). 

En effet, si je ne garde pas beaucoup de souvenir de cette époque, j’ai passé le gros de la saison avec la réserve. J’étais moins performant et je m’étais brouillé avec les coachs. Ca a quand même été une saison très agréable où j’ai pu tisser des liens avec des joueurs que je fréquentais moins, en particulier les Le Garnec, et j’ai aussi pu m’affirmer dans mon rôle de leader de jeu. Cette période a donc été assez bonne pour moi rétrospectivement même si j’avais quand même l’impression d’être au placard. J’ai en revanche été très marqué par cette finale perdue comme celle de l’année suivante. 

2014/15 c’est une quasi page blanche, qu’est ce qu’il t’es arrivé ? Blessure ? Tu ne rejoues qu’en fin de saison 2016 avec la Réserve et te voilà à nouveau dans une cruelle défaite en Finale IdF contre Cergy (14-19). Retour sur ces deux saisons ?

Je crois que c’est l’année où je me fais les croisés. J’avais dû attendre la fin de l’année scolaire pour pouvoir me faire opérer. Je reviens ensuite en février mars, et je finis l’année avec la réserve qui là encore se conclut sur une défaite en finale IDF. 

Depuis deux saisons tu évolues en Fed3 avec l’Equipe 1. As-tu constaté une grosse différence de niveau avec la division Honneur ? Qu’est-ce qu’il manque sportivement au SCUF pour évoluer sans la pression du classement à ce niveau là ?

Je pense que la FED3 va quand même beaucoup plus vite en règle générale. Il n’y a quasiment pas d’équipe qui ne joue pas autour d’un plan de jeu bien établi, contrairement à l’honneur où c’est parfois une équipe construite simplement autour de quelques individualités nettement au-dessus. Je pense que pour pouvoir exister en FED3, il faut un plan de jeu suffisamment bien maitrisé techniquement par les 22 joueurs pour pouvoir sortir de ce cadre quand les situations l’exigent. Je pense qu’il manque aussi l’envie à certains de progresser, et sûrement aussi l’envie de gagner et pas seulement parce que la bière est meilleure les soirs de victoire. Il nous manque enfin de la confiance, ce capital qu’on aurait dû construire sur un match ou deux en début d’année et qui permet ensuite dans les moments difficiles de la saison d’aller puiser les ressources mentales nécessaires pour renverser des situations, ou conserver une avance. 

De ton côté, on te sait attacher aux couleurs N&B, tu as remis le Bouclier de Brennus lors de ta dernière année Juniors, mais as-tu déjà été tenté d’aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs ?

Oui j’ai toujours essayé de rendre ce que ce club m’avait donné. Cette soirée au stade de France avait été magique, et je remercie Gérard Potier de m’avoir permis de vivre cette expérience là. C’est aussi la soirée où j’ai découvert Laurent Laguerre en compagnie de Mathieu Ruiz (Mamat’ pour les intimes), ce qui a aussi considérablement participé à la beauté de la fête. On avait d’ailleurs réussi, (sur les conseils d’un ponte du SCUF dont je tairais le nom) à infiltrer le cortège des joueurs jusqu’à la tribune du président où le Bouclier attendait les Toulousains. On est donc sur la une de l’Equipe, moi à gauche et Matthieu à droite, au milieu des joueurs, c’était assez incroyable. On a même réussi à accéder à la pelouse avec eux, avant quand même que le service d’organisation se rende compte qu’on les avait un peu enflés… C’est aussi pour ça que j’ai décidé depuis l’année dernière d’entrainer au SCUF. Sur propositions de Raphaël Delwasse, que je remercie de m’avoir fait germer l’idée et d’avoir pris mon temps de réflexion pour un oui, j’ai entrainé les minimes l’année dernière en compagnie de Raphaël Delwasse, Raphaël Bizos et Théau Charlier sur la fin, avec qui je continue d’entrainer les cadets cette année, associé à Arnaud Martin et Antoine Simon. Ca m’a permis de tisser des liens très forts avec ces gens là, plus fort même peut-être que ce qui se fait sur un terrain. Ca m’a aussi beaucoup fait progresser et ça m’a beaucoup remis en question sur pas mal d’aspect de ce jeu, ainsi que sur ce que j’étais en droit d’attendre de mes entrainements en tant que joueurs. 

C’est vrai que l’accumulation des défaites, l’état d’esprit parfois trop peu conquérant du groupe, ce que je considère comme des erreurs dans l’entrainement de l’équipe ainsi que quelques propositions excitantes, m’ont fait me rendre compte que si je voulais continuer à progresser et à prendre du plaisir sur le terrain et à l’entrainement, je devais peut-être envisager de partir. Je n’ai pris aucune décision sur le sujet pour l’instant, ça dépendra évidemment aussi de la composition du staff l’année prochaine, mais je pense que ce sera vraiment dur de quitter le club et les gens qui le font. 

Sportivement le SCUF est condamné à redescendre d’un cran la saison prochaine. Qu’est ce qui peut maintenir la motivation pour les prochains matchs ?

Personnellement, même si au soir de la défaite contre le massif j’étais vraiment très mal et complètement démoralisé, je tire ma motivation du fait que même si on ne peut plus jouer le maintien, il nous reste encore une dizaine de match à jouer et qu’il faut absolument en profiter pour progresser. Quelques part, l’impératif de résultat ayant quasi disparu, c’est une occasion rare de pouvoir travailler des choses ambitieuses qui ne sont généralement pas au programme dans l’enchainement des matchs couperet. Il faut profiter de ces 10 tests matchs pour jouer, regagner notre fierté, sauver l’honneur du club, redevenir beaux, et faire très peur aux équipes qui seront dans notre poule la saison prochaine. Je pense que c’est donc l’opportunité de continuer à travailler dur, mais sans pression cette fois ; il faut réussir à créer une nouvelle dynamique à partir de ce contexte un peu morbide, en mobilisant individuellement. Personnellement, si je joue au rugby, si je viens m’entrainer c’est pour pouvoir progresser, essayer d’atteindre la meilleure version du FG rugbyman. Et ça, je peux toujours tenter de le faire sur la fin de saison devant nous.  Je pense qu’il faut donc que chacun se remette en question et trouve la motivation dans la progression qui nous attend, indépendamment des résultats. Et qui sait ce qui pourrait se produire alors pour la fin de saison….