Rose Cup 2015


Il n’y eut pas de match ce week-end à Pearcecroft, ou si peu. Après quelques minutes où le SCUF fit jeu égal avec Stratford, il subit la foudre adverse et encaissa plusieurs essais, 4 à la mi-temps, 7 à la fin du match…  C’est ainsi qu’il laissa aux Anglais le soin de s’occuper de la Rose Cup pendant l’année à venir.

Et pourtant tout n’avait pas si mal commencé. Lionel, difficilement, avait pu boucler la composition de son équipe ­ « nous partîmes 500 mais par un prompt renfort… » ­ et tous les joueurs avaient pu rejoindre leurs hôtes anglais le vendredi soir au club-­house. Ils étaient venus par petits groupes en avion, en train ou même en voiture. Certains en avaient profité pour visiter Birmihgham et ses pubs, d’autres la ville de Rugby et le terrain de son école, où un certain Web Ellis s’était un jour saisi du ballon à la main lors d’une partie de football, entorse au règlement désormais considéré comme acceptable. Seul Wesley Delahaye, retenu au travail, n’avait pu rallier l’Angleterre. « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » ? Non…, Antoine Boutalbi le remplaçait au pied levé, et il ne le savait pas encore, s’apprêtait à sortir un gros match.

Après la découverte du club­house, place au match. Sitôt les filles sorties de leurs douches, et alors que les vieux cochons bataillaient sur le pré, les scufistes pénétraient dans les vestiaires. Les plus anciens prenaient la parole, rendant si particulière cette atmosphère qui précède le coup d’envoi de la Rose Cup. C’était un match pour Boubou, qui a sacrifié son match avec les vieux cochons, pour Juju, capitaine d’un jour, pour Lazz,  ayant rejoint Stratford en vélo, bien sûr, et surtout pour l’histoire…
Et pour le match ? Y’a pas eu photo. C’est tout ? « Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire… Oh ! Dieu !…bien des choses en somme… En variant le ton, ­ par exemple,
tenez : »
La première minute fut plutôt équilibrée. L’engagement est présent des deux côtés mais le Scuf subit tôt dans le match. Les avants, non-­habitués aux mêlées poussées et en particulier à la fameuse seconde poussée sont plutôt sur le reculoir. Les trois-quarts sont souvent fixés par un ouvreur adverse qui écarte bien les ballons, permettant à son 15 de jouer plusieurs 2 contre 1 sur l’aile. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». Les Scufistes paient sûrement leur manque de préparation et la conception du jeu est clairement côté Albion.
C’est d’autant plus difficile que les Scufistes ne parviennent pas à disputer les ballons sur les rucks, souvent mis à la faute par un arbitrage « anglais » qu’ils ne comprennent pas. Après avoir bassement transformé une pénalité, Stratford prend le large avec un essai, puis deux autres pendant le laps de temps où CHABE a été sévèrement envoyé au frigo dix minutes. 23­0.


Stratford, qui s’est octroyé le droit de mettre plus de 22 joueurs sur sa feuille de match, fait alors tourner. Au bord d’une tribune clairsemée, les spectateurs ayant préféré s’amasser au bord du terrain, et sous un soleil radieux, les scufistes continuent à tenter de produire du jeu. A l’impact un joueur noir et blanc perd la balle. L’anglais l’ayant récupéré, alerte, l’écarte vers l’aile opposée. La défense est prise de vitesse par un joueur fraîchement entré, tout comme le second rideau qui ne touche même pas le joueur qui aplatit entre les perches. C’est dur. La cabane est tombée sur le chien. « Aujourd’hui, le chien est mort. Ou peut ­être hier, je ne sais pas ». Enfin si, on sait.

Le Scuf se révolte, sur une percée de VALLET puis de BOUTALBI, il enchaîne les temps de jeu et désorganise son adversaire. La balle est enfin écartée, MESTRE puis ADDI combinent bien avec FOUCARD, qui s’en va à l’essai. C’est la mi-­temps, le Scuf va avoir le vent dans le dos. Le début de seconde mi­-temps est clairement favorable aux protégés de Brennus. Ils mettent plusieurs fois leurs adversaires à la faute l’arbitre, « dans l’esprit du match », ne sortira pas de carton; mais se sentent obligés de ne pas prendre les points mais la touche pour revenir vite dans la partie. « Rien ne sert de courir, il faut partir à point ». L’essai ne viendra pas.

Pis, sur un ballon relancé dans l’en-but, le Scuf concède une mêlée à 5m. Du pain béni pour le pack de Stratford, laissant la première ligne scufiste se dire « Que diable suis-­je venu faire dans cette galère ? ». C’est un nouvel essai. Et ça continue. Sur un ballon perdu par les 3/4, sur les 22 adverses, un joueur de Stratford met les cannes et passe en revue tous les joueurs
pour aplatir seul. Dernière action ? Dernière relance de l’en­but : FOUCARD essaie de redoubler avec PETAT, mais pour l’albatros, « ses ailes de géant l’empêchent… »…d’assurer sa passe, qui tombe dans l’en­but. Le 15 de Stratford n’a même pas à la ramasser pour aplatir et porter le score à 49­-07

Les joueurs peuvent être dépités. PRETESEILLE essaye de les réconforter : « Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne », nous serons saouls. Faisons honneur à cette troisième mi­-temps. Quel plaisir de manger chaud et assis à l’issue d’un match, de chanter « les couilles de mon grand­père » en terre anglaise, et quelle soirée nos hôtes ont­ ils organisé. Le banquet du lendemain, trop matinal pour certains, fut comme à chaque fois une réussite. Comme le souligne Lionel Busson dans son édito, le discours final de Lazz en fut un des
moments forts. Vint alors le temps de partir.
C’est toujours un crève-cœur de quitter cet endroit, ses hôtes, ses amis, d’autant plus quand on y laisse la Rose Cup, et gageons que l’an prochain, on ne les laisse pas repartir avec.

Jeff Foucard

 

En match d’ouverture, les Stratford Legends ont battu les Vieux Cochons du SCUF 34-24 (voir SCUFMAG n°179)