Trophée des 30 2014


Les Andropauses arrachent la victoire 16 – 14

La tête et les épaules

Comme le veut la tradition, notre cher Président au pied d’argile, surnommé l’Achille irlandais tant pour son jeu rugueux que pour son organisme fragile, a nommé les deux Capitaines, Kévin Rivière (moins de 30) agent de la marré-chaussée, ravi d’être promu au rang de Capitaine avant son exil sur la Cannebière et Laurent Chabé (pour les plus de 30) comblé de pouvoir (enfin!) commenter en direct live chacune des décisions de l’arbitre en toute impunité.

Charge à eux de constituer leur équipe pour remporter le trophée qui ornera leur cheminée pour une année puisque ce privilège ne se représente pas.

Difficile de rassembler les vieux groins quand l’été approche et que nos amis fouteux occupent tout l’espace médiatique. Heureusement, Jean-Mi Guignard, Président retraité des VC à, une (nouvelle) fois, fait le nécessaire et s’est montré assez sévère en bon maître d’école pour arriver à mobiliser un groupe de papi encore très attaché à une de nos spécificités qu’est le fameux match des Trentes.

Côté jeunesse avec l’appui des futurs Bélascains, la question ne se pose pas et ils ricanaient déjà quand à 19h45, alors que leurs deux vestiaires grouillaient de monde, dans celui des +30, 3 joueurs à peine refaisaient le match France/Equateur. Le coup d’envoi étant prévu à 20h, ils auraient largement le temps de se préparer…

les 2 équipes

Le règlement prévoyait que les +30 auraient le choix des maillots, il n’en fut rien. Première acte d’insolence et d’arrogance de la jeunesse à corriger.

Pas d’importance, les vieux en profiteront pour tromper leur adversaire d’un soir en échangeant les numéros des postes : c’est ainsi que Séméria se retrouva avec le numéro un et se mit à faire des passes de pilier tout le premier quart d’heure !

Les deux équipes sont prêtes, les jeunes révisent les touches pour tenter d’en attraper une en 80 min (sans résultat), pendant que les vieux se contentent de deux aller/retour dans l’en-but.

Hommage à Sir Laurent Laguerre qui donne un coup de canne à l’ovale pour donner le coup d’envoi fictif des hostilités.

Les vieux choisissent de commencer avec le vent car à partir de 20h, il était certain car à cette heure là il allait s’arrêter d’après le spécialiste du club M. Lignon.

Contrairement à ce qu’on aurait pu s’imaginer, ce sont eux qui démarrent pied au planché, qui jouent tous les ballons et envoient du jeu. Malheureusement, toujours à cause de cette histoire de maillot, les vieux se retrouvent avec les maillots gris de la réserve et Stéph. Zanc contraint de porter le maillot de Pierre Béllicar, se met à commettre autant d’en-avant qu’en toute une saison… Sur l’un d’entre eux, alors qu’il y avait un deux contre un à négocier, les jeunes relancent dans leur 22 et le « déserteur » Sacha s’en va aplatir en coin. La transformation en drop est réussie par FG.

Les anciens ne se démobilisent pas et continuent sur un rythme effréné qui rend plus service à la jeunesse. Sur un nouveau turn-over, ils vont encore réussir à inscrire un deuxième en bout d’aile par Ferlet qu’FG transforme.

La matière grise

Voyant que le match leur échappe, le capitaine fait rentrer du sang neuf et change de 9 pour faire souffler Antoine et les deux piliers. Cali, qui vient de se rappeler qu’il avait pris une licence de rugby en Septembre et non pas une licence IV l’autorisant à passer tous ces samedi matin rue de la Soif avec son aco(o)lyte Inda, pose le jeu. Les gros remettent la marche avant et imposent leur savoir faire autour et dans les rucks. Derrière pour ne pas perturber les quelques équipiers premiers, les ballons continuent de tomber. Les mêlées s’enchaînent et là encore, surprise, la jeunesse bouscule les anciens ! Ce secteur n’a plus assez d’importance désormais pour peser sur le résultat du match au contraire des touches, où les contres de l’illustre Thomas Schwartz font un ravage. A ce propos, lui qui a fini sa carrière en première à l’arrière, n’en fini plus de rajeunir à 43ans au milieu du paquet d’avant : quel match ! Les gros suivent son sillage et Romain « Prestessseillesss » y va de ses percussions. La ligne se rapproche avant la mi-temps mais la jeunesse s’arcqueboutte et n’encaisse qu’une pénalité droppée.

Au citron, les jeunes peuvent être contents du score mais déçus de leur prestation car à part quelques charges Vitali sans suite, quelques relances de Sacha et d’Etienne, tout cela semble décousu. Chez les vieux, PLG, vexé par l’application stricte du règlement, sort encore un gros match avec beaucoup de détermination à chaque prise de balle, tout comme Nico Paradis, grand amateur du match des Trentes !

La seconde mi-temps redémarre et les jeunes cumulent encore les fautes, le carton infligé tardivement par le jeune arbitre scufiste n’a pas suffit à les dissuader de plonger au-delà et de tenter d’écrouler systématiquent les mauls ravageurs de leurs ainés.

Contre toute attente, Thibault « R » Laguerre reçoit un carton sur un ruck contre le cours du jeu.

Les anciens comprennent alors que la partie sera difficile et qu’ils ne devront pas laisser passer leur chance quand celle-ci se présentera. Les ¾ mettent le pied sur l’accélérateur et multiplient les temps de jeux avec cette fois-ci plus de réussite puisque « Prestes-moi le Sel » inscrit un essai en bout d’aille trop compliqué à transformer (en drop).

A l’opposée de la fougue et du « hourra » rugby de la jeunesse où les futurs Bélascains sont en majorité en ce début de seconde période, les vieux s’appliquent méthodiquement à occuper le camp adverse par l’intermédiaire de Julien Schwartz que l’on a vu, pour la première fois depuis de nombreuses années, plaqué plusieurs joueurs : explication de cette averse qui a stationné au dessus du stade une bonne partie du match ?

Les rejetons après avoir pris une avance conséquente, se voyaient déjà arrivés et se mettent à balbutier leur jeu en ne respectant pas les fondamentaux de notre sport (à l’inverse des anciens) : occupation du terrain adverse, conquête propre et défense en ligne !

Après une longue période de domination, les aînés arrivent enfin à convertir leur emprise sur le secteur des ballons portés sur une pénal-touche. Cet essai relance le match et les jeunes ne mènent plus que d’un point.

Sur leur lancée, ils obtiennent une pénalité bien placée que Julien la Rassègue* convertie en drop ; ce qui permet aux légendes de prendre le score pour la première fois du match !

L’occasion était trop belle, le capitaine en profite pour passer les consignes au 9 : « on sécurise en gardant les ballons au chaud et on ferme à clé en gardant tous les ballons devant !» Séméria applique à la lettre et sur le 3e temps de jeu qui suit le renvoi décide de faire une passe au pied, dont il a le secret, dans les bras de Thomas B. qui n’en demandait pas tant pour relancer les espoirs des jeunes prétentieux.

Il reste moins de 10min et les moins de 30 font feu de tous bois pour tenter de remporter un 3e trophée d’affiler. Les vieux résistent et plaquent à tour de bras (sans) commettre de faute. Pour le jeune arbitre, l’occasion est trop belle d’honorer son contrat et il décide d’accorder une pénalité à 20m en face les poteaux. Les vieux pensent alors que le magnifique trophée va encore leur échapper mais l’espoir resurgit lorsqu’ils s’aperçoivent que le dropeur n’est autre que FG qui pour l’occasion, arbore un casque sensé contenir son mental en carton. Il tire à côté et le ballon ne dépassera pas les 2,5m!

A ce moment là, les vieux comprennent que le match ne leur échappera pas mais qu’ils devront conserver le ballon s’ils ne veulent pas subir les injustices de l’homme en vert et bleu sponsorisé par la Poste (tout un symbole de fiabilité !)…

La jeunesse comprend qu’il est temps de réveiller et lance ces dernières forces dans la bataille en jouant les derniers ballons. Allez savoir pourquoi, les jeunes ¾ se passent la balle sans la faire tomber malgré la pluie. Il aura fallu attendre les cinq dernières minutes de dernier match de la saison (un 26 Juin !) pour les voir se passer la balle sur plusieurs temps de jeu.

Cela ne suffira pas et alors qu’ils allaient à l’essai sur une ultime attaque, le fantasque Pierre Chaubet décida de leur subtiliser le ballon et de filer en touche. L’arbitre, encore plus résigné que les jeunes, se voit alors obligé de siffler la fin du match.

Rendez-vous est pris désormais le Mardi 19 Août pour lancer la saison des 120ans du club qui se doit d’être historique !

*Réssègue : expression sudiste qui désigne une personne passionnée qui fait des « raisonnements » c.à.d. qui critique les choix de jeu ou la façon de jouer de son équipe favorite.